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Quelle Stratégie de développement pour Sénart

 

Compte rendu du séminaire du 17/02/05
Matinée

 

Jean-Pierre DUFAY (EPA) accueille les participants en rappelant que Sénart Développement est l’occasion pour un maximum d’acteurs du territoire de travailler ensemble.

Paul LEGRAS (Président de Sénart Développement) précise la nécessité de disposer d’une vision la plus claire possible de ce que Sénart sera appelé à être dans les prochaines années afin que Sénart Développement puisse orienter ses actions. A cet effet, le Président exprime son souhait qu’à la fin de ce séminaire des axes de travail pour Sénart Développement soient produits, en concertation avec l’ensemble des partenaires présents.

Marie-Catherine EL FALLAH (Res Publica) rappelle que la particularité de Sénart Développement (que l’on ne retrouve que sur très peu d’autres territoires) repose sur sa capacité à mobiliser les acteurs du monde de l’emploi, de la formation et de l’économie autour d’un projet commun ayant pour but un développement local optimisé. MCEF insiste sur le fait que le contexte de Ville Nouvelle impose que Sénart Développement conjugue mobilisation des forces vives locales et veille permanente sur les initiatives menées sur d’autres territoires afin d’enrichir ses perspectives,ses outils et ses modalités d’action. MCEF précise que, malgré son jeune âge, Sénart Développement s’investit déjà dans deux missions d’envergure : la labellisation « Maison de l’Emploi » et le projet « Villes apprenantes » bâti dans le cadre du programme européen EQUAL.

Jean-Pierre DUFAY présente l’EPA, dont la vision prospective vient d’être formalisée dans le cadre du Schéma Directeur d’Île-de-France. Sénart tire sa force de la capacité des acteurs des territoires du bassin Evry-Corbeil-Sénart-Melun à travailler ensemble en valorisant une population totale de 400 000 habitants, 120 000 emplois et 7 000 entreprises.

Jean-Pierre DUFAY rappelle que la force de Sénart en terme de développement économique réside dans sa maîtrise du foncier, dont la réserve lui permet de répondre au souhait d’implantation de grosses entreprises.

Tout en reconnaissant que le Carré Sénart (dont il souligne qu’aucune boutique n’est partie depuis sa création) a contribué à donner à l’extérieur une image à la fois plus précise et attractive du territoire, Jean-Pierre DUFAYsouligne l’importance de la logistique, souvent mal connue et pas aussi limitée que l’on pourrait le croire. Tout en reconnaissant qu’il existe des entreprises de logistiques qui rapportent très peu au territoire sur lesquels elles sont implantées, Jean-Pierre DUFAY estime que Sénart a tout à gagner de miser sur une image de logistique « haut de gamme ». Une autre filière est également à exploiter : le secteur santé/bien-être, y compris dans sa dimension « formation ».

Jean-Pierre DUFAIY présente enfin les handicaps au développement local :

  • Des transports en commun peu adaptés aux contraintes horaires et à l’emplacement de nombreuses entreprises, une ligne de RER peu fiable ;
  • Une image « politique de la ville » qui tend à faire peur aux entreprises désireuses de s’implanter.

M. BISSON (Vice Président du SAN) rappelle que l’objectif numéro un du SAN est le développement économique, qu’il décline sous deux axes :

  • Qualitatif (« plus d’emplois »)
  • Quantitatif (« mieux d’emplois »)

M. BISSON préconise un plan stratégique construit autour de cinq axes :

  • Valoriser l’environnement ;
  • Améliorer les services aux entreprises ;
  • Exploiter les forces existantes (logistique, commerce) et développer des pôles d’excellence (santé/bien-être, aéronautique, environnement) ;
  • Sortir d’une logique de demande pour entrer dans une logique d’offre (notamment de formation pour les entreprises, les Sénartais…) ;
  • Instaurer une logique de gouvernance.

Jean-François SAVY (sous-préfet) rappelle que des liens très étroits unissent l’EPA à l’Etat. Au cours du dernier CIAT, l’Etat a clairement affiché des ambitions pour la région Île-de-France, en souhaitant notamment y voir construits plus de logements, tout en améliorant les transports et en offrant un cadre de vie et un environnement de qualité.

Le grave problème actuel de l’Ile-de-France est sa croissance démographique au regard de ses capacités de logement. La Seine-et-Marne sera bientôt le 2ème département le plus peuplé de France avec Paris, car à l’heure où l’on cherche à construire massivement des logements il reste deux Villes nouvelles « disponibles » : Marne-la-Vallée et Sénart.

Jean-François SAVY souligne son attachement à la révision du SDRIF, qui doit apporter un meilleur rééquilibrage à l’ouest de l’Île-de-France.

Les principales zones de développement sont :

  • Roissy ;
  • Marne-la-Vallée ;
  • Sénart.

Jean-François SAVY souligne que même s’il entend les arguments contre le développement de la logistique à Sénart (notamment en terme d’environnement), il n’ose imaginer les budgets du SAN et des collectivités sans les contributions de ce secteur.

Jean-François SAVY, tout en rappelant que l’Etat a de grandes ambitions pour Sénart, invite le territoire à favoriser l’implantation de tout type d’entreprises afin de créer de l’emploi. De son côté, l’Etat se dit prêt à réduire la dette de 25 millions d’euros du SAN.

Jean-François SAVY rappelle les projets structurants pour le territoire à ne pas manquer :

  • Cité hospitalière Melun-Sénart ;
  • La SNECMA , 3ème employeur départemental;
  • Un pôle formation Melun-Sénart.

Jean-François SAVY informe que la Seine-et-Marne est le département d’Île-de-France qui a le moins de jeunes de moins de 20 ans qui suivent des études supérieures, et qu’elle est le 1er ou 2ème département de France en terme de surendettement des ménages.

J-M BRULE (Conseil Régional ile-de-France, présent au séminaire en tant que Vice-président de l’ARD) souligne que la Région doit suivre Sénart dans son développement économique. Elle peut intervenir sur :

  • L’aide à la création/reprise/transmission d’entreprises ;
  • La dimension entreprises et développement durable (métiers de la dépollution, gestion des énergies, énergies renouvelables, commerce équitable, Haute Qualité Environnementale…) ;
  • L’accueil des entreprises, l’aide à l’immobilier d’entreprises ;
  • Le financement du soutien aux éco-filières dont peu de territoires profitent et sur lequel Sénart pourrait se positionner.

Le Conseil Régional ainsi que l’ARD sont conscients du fait que Sénart ne jouit pas à l’extérieur d’une image de territoire ambitieux alors qu’il l’est dans la réalité.

M. VELTZ (chercheur spécialisé en développement des territoires en lien avec les processus internationaux) estime que l’on n’est plus à l’époque du déterminisme géographique, et qu’aujourd’hui ce sont les facteurs socio-économiques et politiques qui priment dans le développement d’un territoire : « ce n’est pas le territoire qui fait le projet, c’est le projet qui fait le territoire ».

On souffre en France d’une coupure entre le monde administratif et le monde de l’entreprise. Le progrès ne pourra venir que des échanges entre ces deux grandes forces. Il n’existe pas de méthode type, mais l’on n’y parviendra que si une grande confiance existe entre les différents acteurs.

Selon M. VELTZ, Sénart est une ville singulière, ce dont il faut faire une force. Elle a échappé aux mythes urbanistiques du « tout béton ». Elle peut jouer le tiercé ville-culture-nature qui est le tiercé gagnant de l’avenir (« la ville à la campagne, la campagne à la ville »). Le point de vigilance, car facteur non durable, est que les populations doivent faire des kilomètres au quotidien pour accéder à l’emploi, à la formation…

Les investisseurs étrangers sont choqués par le nombre de zones en France couvertes d’affichages publicitaires de toutes sortes : M. VELTZ fait le pari que Sénart offre un environnement valorisant pour l’image des entreprises.

M.VELTZ précise qu’il ne faut pas commettre l’erreur souvent faite ailleurs de privilégier les nouveaux investisseurs au détriment des entreprises déjà en place, qu’il faut également savoir retenir. Or, souvent, alors que l’on investit pour attirer, on ne voit pas qu’au même moment des entreprises périclitent.

Le nombre conséquent de personnes qui habitent Sénart et travaillent ailleurs incite M. VELTZ à recommander que le territoire ne se limite pas à quelques secteurs professionnels mais au contraire qu’il élargisse les types d’emplois offerts en partant de cette même population de « migrants » quotidiens.

M. VELTZ recommande également que le territoire réfléchisse aux cycles de vie des individus et des familles en se projetant à 15 ou 20 ans car la population est jeune. Les jeunes de Sénart doivent pouvoir accéder à l’enseignement supérieur : c’est un enjeu majeur pour la stabilisation des populations.

Trois acteurs ont souhaité intervenir :

  • M. MOUTON (représentant le CG 77) regrette que M. DUFAY dans sa présentation n’ait pas mentionné les chefs d’entreprises et les citoyens. Il rejoint M. VELTZ dans la nécessité de voir converger les besoins des entreprises et ceux des travailleurs en termes d’emploi. Enfin, M. MOUTON rappelle que les transports en commun sont une priorité pour le Conseil Général, avec des enjeux fondamentaux pour Sénart. ;
  • Chantal SETBON (CGPME Seine-et-Marne) estime qu’aujourd’hui que les entreprises ne se plaignent plus du manque de main d’œuvre mais qu’elles « font avec ». Il existe une population de demandeurs d’emploi de plus en plus destructurée qui n’ose plus se mettre sur le marché du travail. Il est important que les élus s’intéressent à cette population en tant que capital humain. Il faut également favoriser les initiatives visant à mettre en réseau les entreprises de toutes tailles et les faire travailler, notamment sur des thématiques telles que les conditions de travail ou la motivation du personnel ;
  • M. LOPEZ (Directeur départemental DDTEFP) estime qu’il faut prendre en compte dans le développement local les entreprises « zéro salarié » et également s’interroger, lorsque l’on parle besoin de main d’œuvre, sur les priorités de chacun (par exemple, alors que le bâtiment et la restauration sont en manque de main d’œuvre, une majorité de parents préfère que leurs enfants suivent un cursus universitaire).

    M. LOPEZ préconise également un suivi précis du public le plus éloigné de l’emploi car le problème « n’est pas d’être au chômage, c’est d’y rester ».

    M. LOPEZ déclare compter fortement sur la future Maison de l’Emploi afin, entre autres effets bénéfiques, de dynamiser les principes d’offre et de demande sur le territoire.
   
Après-midi  

Exercice

Le débat de l’après-midi a été ouvert par un petit exercice collectif : compléter la phrase « si je me projette dans 3 ou 5 ans, je serai satisfait(e) si Sénart Développement … ». Quelques participants ont joué le jeu :

  • « … si Sénart Développement permet que tous les acteurs qui n’avaient pas la possibilité de travailler ensemble avant puissent construire ensemble des réponses adaptées au territoire » ;
  • « … si Sénart Développement est un exemple pour d’autres territoires et qu’il donne envie d’être copié » ;
  • « … si Sénart Développement est reconnu par les entreprises comme un outil facilitateur en terme de lisibilité de l’action et du rôle des acteurs du territoire comme l’ANPE, le SAN, l’EPA, la Mission locale…» ;
  • « … si Sénart Développement parvient à favoriser l’emploi pour les publics qui en sont les plus éloignés en s’appuyant sur les communes (chantiers d’insertion, vie associative locale, aide à la personne…) » ;
  • « … si Sénart Développement existe encore ! En effet, c’est qu’il aura fait la preuve de son efficacité » ;
  • « … si Sénart Développement permet à l’IUT d’accueillir 500 étudiants de plus et de monter des projets communs avec des partenaires non universitaires » ;
  • « … si Sénart Développement parvient à mettre en place une Université de tous les savoirs et à donner l’appétence d’apprendre aux personnes éloignées de l’emploi » ;
  • « … si Sénart Développement est toujours en capacité d’animer et d’encourager des projets » ;
  • « … si Sénart Développement a pu contribuer à attirer et à fixer de nouvelles entreprises ».

Synthèse

Logistique

Les débats concernant la « vocation » logistique de Sénart on été nourris. Ce secteur est-il la clé de voûte du développement économique de Sénart ? Au contraire, ne risque-t-il pas de nuire à l’attractivité du territoire et de détourner sur les bassins d’emploi voisins certaines entreprises soucieuses de leur image ?

Santé/bien-être

Un consensus s’est créé autour de cette thématique, laissant présager une manière de penser le développement local qui pourrait à l’avenir s’appliquer à d’autres domaines. En effet, c’est dans sa dimension intégrée (lien avec les entreprises, prise en compte des besoins de la population, intégration du volet formation…) que la création d’un tel pôle a été évoquée.

Formation

Ce point est également parmi ceux qui ont dégagé le plus fort consensus, tant dans sa dimension « classique » (doter le territoire d’actifs de formation en lien avec les besoins des entreprises et évitant la « fuite » des jeunes) que dans sa dimension innovante (projet EQUAL).

Partenariat

Une des attentes le plus clairement exprimées par rapport à Sénart Développement a été son rôle de fédérateur, offrant aux forces vives du territoire un espace de réflexions, de partage et travail commun.

Tout public

Sénart Développement a clairement été repéré comme l’outil qui devra assurer un arbitrage harmonieux dans les critères du développement économique : par exemple, il devra prendre garde à ce que l’on ne s’intéresse pas qu’aux travailleurs autonomes et qualifiés au détriment d’une population plus éloignée de l’emploi.

Création d’emplois

De nombreux dissensus sont apparus quant aux types d’emplois qu’il convient de créer sur Sénart ainsi qu’à la manière de procéder. En effet, aux partisans du « toute création d’emploi est bonne pour le territoire » se sont confrontés des avis contraires : penser les créations d’emploi et les implantations d’entreprises de manière stratégique et planifiée afin d’éviter un saupoudrage et une certaine confusion qui nuiraient à la lisibilité du territoire.

Image

L’image de Sénart est une thématique très présente dans les préoccupations des participants. Tous se sont entendus pour dire qu’il y eu un « avant » et un « après » Carré, qui a contribué à « booster » l’image de la Ville nouvelle comme territoire dynamique. Toutefois, de nombreux partenaires ont souligné la nécessité pour Sénart de se positionner sur d’autres domaines (par exemple, la création d’un pôle santé/bien-être ou d’une Université de tous les savoirs) afin que son rayonnement ne soit pas limité voie affaibli.

 

Liste des personnes présentes

Jean François Savy - Secrétaire Général – Préfecture de Seine et Marne

Jean- Marc Brulé - Conseiller Régional – Président de la commission du développement économique et de l’emploi

Alain Traca – Conseiller Régional

Jean- Louis Mouton – Conseiller Général et maire de Savigny le Temple

Patrick Michel - Conseiller départemental à la formation continue

Michel Bisson – Vice Président du San de Sénart chargé de la ville

Danièle Jullien – Vice Présidente du San de Sénart chargée de l’emploi

Daniel Coattrieux – Vice Président du San chargé du développement économique

Mme Salles – Maire adjoint de Combs la Ville

Serge Lopez – Directeur Départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle

Christine Marey – Directrice de l’Agence Locale pour l’Emploi de Sénart

Evelyne Bonet – Chargée de direction AFPA de Seine et Marne

Pierre Vitte – Vice Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine et Marne

Colette Besson – Chambre des métiers sud Seine et Marne

Sébastien Perlot – Seine et Marne Développement

Jean- Pierre Dufay – Directeur Général de l’EPA Sénart

François Brière – Directeur Général Adjoint EPA Sénart

Jacques Stevenin – Directeur du suivi et de la prospective EPA Sénart

Olivier Ferroud Plattet – Directeur de l’ECCS du Carré Sénart

Olivier Duval – Président de Sénart Entreprises

Eric Soubrane – Directeur du groupe Adecco

M. Meyer – Entreprendre en Seine et Marne

Chantal Setbon - CG PME

Isabelle Bouquet – Trésorière départementale de la CFDT

Didier Dugast – Directeur de la Mission Locale

Elisabeth Praizelain – Pije Adsea

Isabelle Piot – Directrice de Partage 77

Didier Nicolle – Directeur de l’IUT de Sénart- Fontainebleau

Achoura Bensaid – Directrice AQMTJ

Dominique Cazenille - CEFOP

M. Bouda – Lycée professionnel Antonin Carême

Hélène Chanoz – Directrice CIO de Melun Savigny le Temple

David Lepaisant – Mission Ville - Préfecture de Seine et Marne

José Montialoux – Coordonnatrice emploi formation DDTEFP

Jean Luc de Moras – Maire adjoint de Réau

Eric Lestien – Directeur Général Adjoint du San de Sénart

Philippe Chauveau – Directeur Général Adjoint du San de Sénart

Sonia Kruskovic – Chef de projet du contrat de ville

Coralie Piton - Espace Expansion

Vincent Escartin – chargé d’étude à la CCI 77

Marylin Huteau – Responsable du marketing et de la communication

Paul Legras - Président de Sénart Développement

Françoise Herbreteau – Directrice de Sénart Développement

Didier Galet - Chargé de mission développement économique de Sénart développement

Nathalie Borel – Chargée de mission emploi et mobilité professionnelle de Sénart développement



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