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Blog Entreprise - Sénart

vendredi, juillet 08, 2005

Images de l'Europe... images de France !

Auteur Didier Galet @ 10:39 

Mme Gaymard, vous êtes la Présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux, pensez-vous que les difficultés actuelles de l'Europe aient un impact sur les investissements, notamment américains ?
Non. Ce que les Américains voient, ce sont les avancées. Ils ne croyaient ni à l'euro ni à l'élargissement et ont constaté qu'ils avaient tort. Le non aux référendums français et néerlandais ne les trouble pas car il est politique. Or, ce qui les intéresse, c'est l'économie. Les hommes d'affaires américains ont compris que le non était une forme de liberté des électeurs par rapport à l'Europe.

Quels sont aujourd'hui les atouts de l'Europe ?
C'est assez simple : la Chine et l'Inde, c'est sans doute l'avenir mais, aujourd'hui, le premier marché mondial, c'est l'Europe. C'est là qu'on gagne de l'argent. De plus, les différents pays ont chacun leurs spécificités et leurs pôles d'excellence. L'Europe offre la diversité dont les entreprises ont besoin.
Autre argument : la qualité de la main-d'oeuvre à l'Ouest et surtout en France. Notre pays a une mauvaise image sociale mais la bonne productivité française est reconnue aux Etats-Unis comme une qualité que nous avons et qu'eux non pas : ils apprécient notre capacité à "chasser le gaspi", eux qui, chez eux, ont une culture de l'opulence.
Néanmoins, je constate une cristallisation sur les défauts de l'Europe en général et de la France en particulier. Les Américains ne comprennent pas pourquoi nous ne libéralisons pas, par exemple, le marché du travail. Investir est un risque. Ils veulent pouvoir se désengager ou modifier rapidement leur investissement. Ils trouvent parfois qu'en France le risque est trop élevé.

Quelles leçons tirer des succès américains ?
Il y a leur capacité à rebondir après un échec et son corollaire : l'optimisme. Certes, cela permet parfois d'éviter de se poser des questions et de se remettre en cause mais cet optimisme incite les Américains à entreprendre.
En France comme au Japon, notre état d'esprit critique nous pousse à rechercher l'excellence mais, du coup, nous sommes souvent timorés. Les Etats-Unis nous apprennent que rien n'est inéluctable.
Il y a quinze ans, le Canada n'avait aucune industrie cinématographique. Aujourd'hui, un tiers des films américains y sont tournés et cette industrie est florissante.

Reprise de l’interview réalisée par le Monde (édition du 8/7)